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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:40

Steve-Reich-001.jpg

Le compositeur américain Steve Reich (né en 1936 à New York) nous plonge à travers son "documentaire sonore" dans la vie urbaine (City life) grâce au mélange d'instruments acoustique (deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux pianos, quatre percussions, un quatuor à cordes et une contrebasse)  et de sons enregistrés dans les rues de New York.

 

Durant les 5 mouvements, la ville est abordée comme une entité vivante avec ses sonorités propres (klaxons de voiture, bruits du métro, alarmes, phrase de camelot, sirènes de police du 1er attentat du World Trade Center en 1993...).

 

Cette oeuvre contemporaine de courant minimaliste (ou "musique répétitive") fût créée en 1995. Elle nécessite lors de ses exécutions deux clavier échantillonneurs ("samplers") qui restituent les sons enregistrés. Voici ainsi les 5 mouvements, enregistrés lors d'une représentation publique, avec l'ajout d'un montage vidéo de New York:

POUR ALLER PLUS LOIN:

Voici une autre oeuvre minimaliste très célèbre:

Different trains de Steve Reich, version live par le ConTempo Quartet. Le compositeur fait dans cette oeuvre le parallèle entre les trains qu'il prenait étant enfant pour aller voir ses parents (divorcés) aux Etats-Unis et les trains "différents" pris par les familles juives durant la Seconde Guerre Mondiale en Europe:

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:40

Voici également les vidéos expliquant la genèse et l'événement en détail du festival ainsi que des passages de très grands artistes à Woodstock, tels que Richie Havens (Freedom), le groupe Ten Years After (I'm going home), Carlos Santana (Soul sacrifice), Janis Joplin, The Who, Joe Cocker (With a little help from my friend):

Egalement ci-dessous, 2 chansons "hymne" qui ont marquées l'histoire contemporaine et créées la polémique: la reprise de Serge Gainsbourg de notre hymne français, La Marseillaise, en version reggae intitulée Aux armes et caetera , ainsi que le groupe punk des Sex pistols se moquant fortement de la monarchie britannique avec God save the queen, chantant le slogan culte de la génération punk: "No futur":

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:38
THE STAR-SPLANGLED BANNER par JIMI HENDRIX HG

LA BANNIERE ETOILEE

(THE STAR-SPANGLED BANNER)

PAR JIMI HENDRIX 1969.

I L’HYMNE AMERICAIN, APPEL A LA LIBERTE ?

The Star-Spangled Banner (La Bannière étoilée) est un poème écrit en 1814 par Francis Scott Key, après le bombardement de Fort Mc Henry, par la marine britannique durant la guerre de 1812, qui n’empêcha pas de faire flotter le drapeau américain sur le fort. Il est, depuis 1931, l’hymne national des États-Unis.

C’est un chant guerrier mais axé sur un idéal de liberté et d’émancipation par rapport à la métropole britannique. La bannière étoilée, incarne (comme la Marseillaise) la construction d’une nation par la guerre, est le symbole d’une liberté nouvellement acquise et le signe de ralliement du peuple américain.

II. QUI EST JIMI HENDRIX ?

Jimi Hendrix (James Marshall Hendrix) est né le 27 novembre 1942 à Seattle, aux États-Unis, et mort le 18 septembre 1970 à Londres, en Angleterre. Son enfance se déroule dans des conditions difficiles, de pauvreté et de troubles familiaux.

Il apprend la guitare en autodidacte.

C’est un guitariste, auteur-compositeur et chanteur, fondateur du célèbre groupe anglo-américain, The Jimi Hendrix Experience, actif de 1966 à 1970. Malgré sa courte carrière il est unanimement reconnu comme le meilleur guitariste du XX° siècle.

III. DANS QUEL CONTEXTE JIMI HENDRIX JOUE-T-IL L’HYMNE AMERICAIN A WOODSTOCK ?

Le contexte du mouvement hippie.

Le mouvement hippie est un courant apparu dans les années 1960 aux États-Unis, avant de se diffuser dans le reste du monde occidental. Les hippies, issus en grande partie de la jeunesse nombreuse du baby-boom de l'après-guerre, rejetaient les valeurs traditionnelles, le mode de vie de la génération de leurs parents et la société de consommation. En particulier ce mouvement défend le pacifisme.

Le contexte de la guerre du Viêt Nam.

La guerre du Viêt Nam se déroule après la décolonisation de l’Indochine (1954) et dans le contexte de la guerre froide. Entre 1960 et 1975 elle oppose le Viêt Nam du Sud, soutenu par les Etats-Unis, au Viêt Nam du Nord, aidé par la Chine et l’URSS.

Voulant à tout prix empêcher la propagation du communisme, les Etats-Unis interviennent directement dans le conflit à partir de 1965, où ils décident des opérations de bombardement sur le nord-Viêt Nam. A partir de cette année, le président américain Lyndon Johnson autorise l’utilisation du napalm (mélange d’essence et de produits chimiques particulièrement meurtrier).

Mais le déploiement massif des forces armées américaines n’empêche pas l’avancée des armées communistes. De plus aux Etats-Unis un fort mouvement de contestation dénonce les atrocités commises par les GI’s. Face à cette situation, le président américain Nixon décide le retrait définitif des troupes américaines du pays qui s’achève en 1975.

IV. WOODSTOCK 1969 : UN HYMNE CONTRE LA GUERRE.

Le 18 août 1969 Jimi Hendrix offre une interprétation en guitare solo de l’hymne américain, qui transforme le thème musical en une pluie de bombes et de mitrailles. Cette interprétation de la bannière étoilée demeure l’une des plus virulentes dénonciations de la guerre du Viêt Nam et a contribué au réveil de l’opinion publique américaine sur les horreurs de cette guerre. C’est une musique contestataire, qui déforme l’hymne américain pour dénoncer la politique américaine au Viêt Nam.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:37

La Resistance En Chantant 

 

 

 

LE CHANT DES PARTISANS est composé le 30 Mai 1943 par Anna Marly (musicienne d'origine russe immigrée en Angleterre), sur des paroles de Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon. 

 

La France est sous l’occupation allemande dès Mai 1940: le réseau de la Résistance se met alors en place et le 18 Juin 1940, le général de Gaulle a appelé à la radio (BBC) les Français qui avaient une quelconque compétence militaire à venir le rejoindre à Londres. Ceux qui ont répondu à son appel sont classés comme membres de la  "France libre" ou résistants de l'extérieur. Les chefs de la Résistance cherchaient alors un chant capable d’unir au mieux les combattants de l’ombre.

 

Ils choisiront ainsi ce Chant des partisans, qui deviendra le générique sifflé de l'émission "Honneur et patrie" sur la BBC, et qui sera le signe de reconnaissance des résistants dans le maquis.

 

Simple mais efficace, il est constitué de 5 couplets, organisés en quatrains, avec des rimes plates (ex: AABB). La mélodie est facilement mémorisable et s'étend sur un ambitus réduit (1 octave), ce qui permet, comme la plupart des hymnes patriotiques, de le chanter aisément.

 

 

Voici le texte:

 

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

 

 

De nombreux artistes très célèbres ont interprété Le chant des partisans : Anna Marly en 1943, Joan Baez en 1973 à New York, Les chœurs de l’Armée rouge à Paris en 1976. 

 

Ci-dessous deux versions vidéo également très célèbres: Yves Montand (avec un montage photographique évoquant cette période historique violente et marquante) et le groupe Zebda en 2000 dans une version rythmée, en live, intitulée Motivés

POUR ALLER PLUS LOIN:

Voici le lien internet sur lequel vous retrouverez le Chant des partisans interprété par Anna Marly en russe ainsi que des vidéos d'interviews de cette auteur-compositrice à propos de sa démarche créatrice:

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:37

Un poème à la construction rigoureuse ...

La structure du texte est très régulière : il est formé de quatre strophes de quatre vers. Les vers ont tous 15 syllabes (si l’on compte le e final, comme dans la chanson). Les rimes sont plates.

 

Les auteurs font partie du texte, ils parlent d’eux à la première personne. S'ils s’adressent directement à ceux qui sont dans la Résistance ou qui veulent s’y engager, ils insistent aussi progressivement sur l'appartenance à un groupe solidaire ("nos frères") et traqué ("la haine à nos trousses"). Les apostrophes sont nombreuses, elles soulignent la camaraderie (« ami, camarades, compagnons »), la diversité de ceux pour qui le texte est écrit « partisans, ouvriers et paysans » ou leurs actions « les tueurs à la balle ou au couteau, saboteur »). De plus, les phrases interrogatives, exclamatives ou les cris d’appel créent eux aussi un lien direct entre les poètes et leurs destinataires.

 

Le poème parle de la nécessité de combattre vite pour retrouver la liberté.

Dans les deux premiers vers, le texte expose la situation de la France occupée et la nécessité de réagir vite : c’est l’occasion d’exposer la souffrance que fait naître l’Occupation. Elle est mise en évidence par une personnification « les cris sourds du pays qu’on enchaîne » et par une métaphore qui décrit l’ennemi et ses avions « le vol noir des corbeaux sur nos plaines ». 

La seconde strophe est un appel au combat violent : les hommes doivent se battre, quitte à mourir. La strophe est dominée par les verbes à l’impératif et par le champ lexical du combat « sortez les fusils, mitraille, grenades, tueurs à la balle ou au couteau, tuez, saboteurs, dynamite ».

La troisième strophe évoque la souffrance et le danger qu’affrontent les résistants : les poètes ne mentent pas sur le sort qui attend ceux qui s’engagent dans la Résistance. A la souffrance née de l’Occupation, s’ajoute la souffrance d’être traqué «les barreaux des prisons ; nous on tue, nous on crève » qui s’oppose à l’évocation des pays en paix.

Dans la dernière strophe, la certitude de la victoire est évoquée, car chacun a sa place, l’armée des résistants est présentée comme une armée invincible et fraternelle guidée par la certitude de reconquérir la liberté. L’emploi du futur à la fin du poème marque la certitude des auteurs quant à l’issue des combats (« Demain, du sang noir séchera au grand soleil sur les routes »), il fait écho à la première strophe (« l’ennemi connaîtra le prix du sang »). La        personnification de la Liberté, qui apparaît à la fin du poème est elle aussi rassurante et symbolique. Le combat et les souffrances des résitants ne sont pas vains aux yeux des auteurs.

 

Presqu'une marche militaire ...

Le rythme du poème est très régulier et très répétitif (5 tons par vers) Aux rimes de fin de vers s’ajoutent de nombreuses rimes intérieures qui en facilitent la mémorisation (exemples : partisans-paysans – sang (vers 3-4) ; mine-colline/paille – mitraille/ tueurs – couteau/ saboteur-fardeau (vers 5-8)).

 

→ Le texte a donc été écrit comme un chant de ralliement, un hymne (d’ailleurs vite adopté par les résistants) facile à retenir ; un appel au combat contre l’occupant et un message d’espoir.

 

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:36
Guernica
Guernica

« GUERNICA » de PABLO PICASSO

PABLO PICASSO né en 1881 à Malaga (Espagne) et mort en 1973 à Mougins (France), de nationalité Espagnole. Peintre, dessinateur et sculpteur. Pablo Picasso passa l’essentiel de sa vie en France. Artiste utilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme. Il est l'un des plus importants artistes du XXe siècle, tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques. Il a produit 50 000 œuvres dont environ 8 000 tableaux

Son travail artistique traversa plusieurs périodes:

-La période Bleue de 1901-1904 ex: « La Celestina »-ce nom vient du fait que le bleu est la teinte dominante de ses tableaux de cette époque, qui a débuté avec le suicide de son ami espagnol Carlos Casagemas[17], ce qui explique qu'elle soit marquée par les thèmes mélancoliques de la mort, de la vieillesse, et de la pauvreté.

-La période rose de 1904-1906: ex: « les saltimbanques »Les thèmes abordés sont la joie et l'inquiétude existentielle. Il reste mélancolique et dominé par l'amour ; on y trouve aussi de nombreuses références au monde du zoo et du cirque

-De 1907 à 1909 Picasso est sous influence de l'art africain « Les demoiselles d’Avignon »notamment de l'art congolais]. Cette période est marquée au début par les deux figures du côté droit des Demoiselles d'Avignon qui ont été en partie inspirées par les masques africains que Picasso possédait.

-La période du cubisme de 1907-1914

-Puis de 1916 à 1924 il revient à la figuration et au classicisme: ex « Trois femmes à la fontaine »

-Pour enfin vivre une rupture radicale dans sa production car influencé indéniablement par les poètes surréalistes: ses tableaux deviennent alors plus violents. Opposé à la guerre. En 1940, il s’exile en France à Paris puis à Mougins où il s’intéressera à la céramique et produit quelques œuvres.

« GUERNICA », 1937

CONTEXTE : En Espagne en 1936, le général Franco, fasciste proche des nazis soulève l’armée espagnole contre le gouvernement républicain de gauche, le Front populaire. C’est le début d’une guerre civile entre nationaliste (partisans de Franco) et républicains. En avril 1937, les avions allemands envoyés par Hitler pour aider les nationalistes massacrent les habitants de Guernica, petite ville basque aux mains des républicains, à l’heure où les rues sont pleines de monde. Quelques jours plus tard, Picasso réagit et se met au travail. Il commence à peindre son célèbre tableau.

MOUVEMENT ARTISTIQUE : De 1907 à 1914, il réalise avec Georges Braque des peintures qui seront appelées « cubistes ».

Le cubisme est caractérisé par une recherche sur la géométrie et les formes représentées : tous les objets se retrouvent divisés et réduits en formes géométriques simples, souvent des carrés. Cela signifie en fait qu'un objet n'est pas représenté tel qu'il apparaît visiblement, mais par des codes correspondant à sa réalité connue.

Le cubisme consiste aussi à représenter sur une toile en deux dimensions un objet de l'espace. Picasso décompose l'image en multiples facettes (ou cubes, d'où le nom de cubisme) et détruit les formes du réel pour plonger dans des figures parfois étranges. Cette technique, initiée par Picasso et Braque, fit de nombreux émules tels que Juan Gris, Francis Picabia

L'œuvre fondatrice du cubisme est Les Demoiselles d'Avignon. Cette peinture fut commencée pendant l'hiver 1906-1907, et achevée début juillet 1907.

DIMENSIONS : H:3,71m L:7,82

LIEU D’EXPOSITION : Musée Reina Sofia Madrid

SUJET : En 1937, le gouvernement Espagnol républicain alors au pouvoir commande à Picasso une grande composition murale pour le pavillon espagnol de l’exposition universelle de Paris.

Alors que cette commande lui est faite Picasso ne sait pas quelle direction prendre pour y répondre. Mais quelques jours plus tard, l’actualité va créer le facteur déclenchant de cette œuvre: L’aviation nazie bombarde le 26 avril 1937, la ville basque de Guernica faisant près de 2000 morts, le sujet est trouvé.

« La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l'ennemi. » Picasso, à propos de Guernica.

DESCRIPTION :

  • On reconnait des formes comme étant des visages criant, grâce à leurs yeux, leur bouche ouverte.
  • Une femme nue (à gauche) avec son enfant dans les bras qui hurle
  • Un homme mort au sol sous le cheval avec dans la main une épée cassée
  • Un personnage à droite qui sort des flammes
  • On reconnait un taureau à ses cornes, un buffle à la courbure de son échine.
  • Un cheval hennit
  • Un bras apporte de la lumière, d’autres sont tendus vers le ciel ou écartelés au sol.
  • Une sorte d’œil/ampoule surplombe l’ensemble de la scène
  • Dans l’ombre se distingue un oiseau à son cou et son bec tendus, criant vers le ciel
  • Quelques pans de murs, une pente d’un toit…une fenêtre

INTERPRETATION :

  • L’homme au sol semble être découpé par les attaques du cheval qui symbolise le peuple en guerre. On remarque que sa langue à la forme d’un obus.
  • La présence d’une fleur à ses côtés témoigne de l’espérance.
  • La femme qui s’échappe de flamme serait une allégorie qui représente la douleur physique. Celle qui crie avec son bébé mort serait une allégorie de la douleur spirituelle face à l’infanticide.
  • La fenêtre laisse passer très peu de lumière donc très peu d’espoir de s’en sortir
  • Une autre femme surgissant de la fenêtre vient se lancer contre le cheval en brandissant un quinquet qui contraste avec l’ampoule électrique: résultat du progrès scientifique et technologique qui a amené les hommes à l’invention de la bombe.
  • Les animaux: le cheval représente le peuple qui se bat et qui est blessé. Il peut aussi représenter la liberté mourante
  • Le taureau symbole de l’Espagne est mis dans un coin impassible. Il observe le bombardement. Incarnation de la brutalité et de l’obscurité.
  • Les visages expriment la mort d’un peuple désarmé. Les yeux en formes de larmes traduisent la souffrance et le désarroi.

Il y en a de tous les côtés, l’œil est sollicité de toutes parts, une multitude de plans gris perturbent la lecture de l’image. Il est difficile de savoir où se passe la scène. On ne sait pas si on est à l’extérieur ou à l’intérieur.

ANALYSE PLASTIQUE :

COULEURS : Couleur de la tragédie. Le Noir et blanc évoque la presse, Picasso ayant été informé par voie de presse. Cela ressemble à un collage de feuilles de journaux grâce auxquels le monde apprit le massacre. Contraste noir et blanc violents qui s’entrechoquent et donnent une impression de chaos.

COMPOSITION :

Le tableau est divisé en trois parties ;

  1. Les principales lignes de force du tableau forment un triangle. Placé au centre de la composition: La pièce maîtresse : le cheval blessé = symbolise : le peuple. Nous sommes attirés jusqu'à la mère portant son enfant mort.

2. Au premier plan de la composition : Le guerrier tombé au sol est dans la position de la crucifixion

La partie gauche est occupée par l'inébranlable taureau dont l'origine artistique et mythique remonte à l'âge minoen. Il symbolise : la force.

3. Le chœur des femmes : trois femmes sur le coté droit de la composition forme un chœur antique, pleurant la liberté agonisante.

- Celle de droite tombe dans une maison en flamme,

- La deuxième s'enfuit en courant

- La dernière, une mère, hurle avec son enfant dans les bras.

LA LUMIERE:

La lumière ne vient ni de gauche ni de droite, ni d’en haut, ni d’en bas

Elle ne vient pas de la fenêtre ni des deux lampes qui ne produisent aucune clarté.

La lumière ne vient ni de dehors, ni de l’intérieur.

Elle émane de l’intensité même de la scène

Le clair /obscur renforce le caractère dramatique de la scène.

LA MATIERE:

Lisse et brillant

Absence de la trace de l’outil

INFLUENCES:

  • Nicolas Poussin, ''Le massacre des Innocents'', huilesur toile, 1625-29, 147x171, musée Condé, Chantilly.
  • Francisco de Goya, ''Tres de Mayo'‘, 1814, huile sur toile; 345 × 266 cm; Museo del Prado. La comparaison entre ces deux tableaux nés d'une tragédie historique doit être menée avec prudence : Goya peint 6 ans après les faits, et transmet un message de résistance à l'oppression.
  • Eugène Delacroix, ''La liberté guidant le peuple'', 1789

COMPOSITION :

  • Le tableau est divisé en trois parties ; Les principales lignes de force du tableau forment un triangle. Placé au centre de la composition: La pièce maîtresse : le cheval blessé = symbolise : le peuple. Nous sommes attirés jusqu'à la mère portant son enfant mort.

    Au premier plan, on voit trois morts : un dénudé n’ayant qu’une chaussette, et les deux autres sont habillés, malgré les déchirures sur leurs vêtements. Au sol, il y a du bois, des pierres, et des casques de combattants.

TRAITS/LIGNES:

  • Picasso transforme et se joue de la représentation, simplifiant jusqu’à l’extrême parfois les formes et ne conservant que quelques lignes.
  • Les formes sont géométrique, cernées de trait noir fin.
  • Le pelage du cheval, fait de petits traits serrés, réguliers et alignés rappelle les caractères typographiques

LIEN AVEC LES AUTRES DOMAINES ARTISTIQUES :

ARTS DU VISUELS (Cinéma), Charlie Chaplin (1889-1977) « Le dictateur » 1940

ARTS DU LANGAGE : Paul Éluard (1895-1952) écrit « Liberté » en réponse à l’occupation de la France par l’Allemagne. Publié en 1942 dans le recueil Poésie et vérité. Puis parachuté à des milliers d’exemplaire par des avions britannique de la Royal Air Force au dessus du sol français.

ARTS DE L’ESPACE : « Le palais de Chaillot » réalisé en 1937 pour l’exposition universelle par les architectes Leon Azema, Jacques Carlu et Louis Hipollyte Boileau. Situé place du trocadéro à Paris

ARTS DU QUOTIDIEN : Coco Chanel « tailleur » À l’annonce de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, en 1937, elle présente une collection « bleu-blanc-rouge » patriote puis ferme subitement sa maison de couture et licencie l'intégralité du personnel (4 000 ouvrières qui confectionnaient annuellement 25 000 modèles), se consacrant uniquement à son activité dans le domaine des parfums dont la boutique reste ouverte.

QUESTIONS POSSIBLES :

  • Quelles impressions vous procure cette peinture, pourquoi ?
  • Expliquez pourquoi la ville de Guernica est un lieu de mémoire ?
  • Comment s’exprime l’engagement de Picasso dans Guernica ?
  • La manière de dessiner de Picasso lui est propre, qu’a-t-elle de particulier ?
  • Quel effet produit le nombre restreint de couleurs ?
  • Pourquoi le mouvement artistique nommé le « cubisme » porte –il ce nom ?
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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:33

HDA – « Sur l’air du tra-deri-dera » : analyse de l’œuvre en classe

Séquence :

Séquence 5 – Parler de la guerre : Souvenirs d’un enfant de la Seconde Guerre Mondiale

=> Problématique HDA : comment raconter de façon originale une enfance cachée pendant la 2nde Guerre Mondiale ?

- œuvres travaillées parallèlement en classe : « Le Silence de la Mer » de Vercors, nouvelle écrite en 1941, et Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressman Taylor (lectures cursives).

Matières concernées :

- Histoire-géographie : travail sur le contexte de l’œuvre (2nde Guerre Mondiale, Occupation allemande en France, Vichy, politique antisémite, rafles des Juifs)

- Français : analyse de l’œuvre

Étude de l’œuvre en classe (cours de français) :

1) Tout d'abord, travail sur le texte seul de la bande dessinée (sans les images) avant de voir la bande dessinée. La découverte du texte s’est faite en trois temps :

- 1 : les deux premiers couplets et refrains => un adulte se souvient de son enfance et d’une comptine en virelangue qu’il ne comprenait pas.

- 2 : le développement jusqu’à l’avant-dernier couplet « C’était en l’an de Grâce… » (non compris) =>le lecteur découvre la vie de l’enfant dans une ferme ; l’enfant semble seul, est de plus en plus isolé (il ne peut plus aller à l’école, ni rester dans la ferme pendant le jour) et ne trouve du réconfort qu’auprès des animaux, et plus particulièrement d’une chèvre ; il est aussi question d’un orage qui menace d’éclater sans que cela ne préoccupe trop l’enfant.

- 3 : l’avant-dernier et le dernier couplet => travail sur la « chute » de la BD : contexte 2ème Guerre Mondiale, métaphore de l’orage pour désigner la guerre et les rafles, enfant juif caché dans la campagne chez des paysans, volonté d’empêcher que d’autres enfances soient gâchées par la guerre et ses conséquences (+ découverte du sens de la comptine).

2)Lecture d'une courte biographie de Gotlib => remarque en classe : BD est autobiographique (je = personnage principal = auteur).

3)Enfin, observation de la bande dessinée (entière) ; remarques sur les dessins :

- traits ronds et amusants pour les animaux, les enfants, ce qui les rend sympathiques voire attendrissants pour le lecteur ;

- traits carrés et durs pour rendre massifs les paysans, le père et la mère Coudray (comme dans les comics américains), ce qui donne l’impression que ce sont des gens imperméables au monde de l’enfant, et hostile à l’amusement et à la tendresse ;

- le personnage de l’enfant : comique avec son épis sur la tête, ses yeux et sa bouche ronde et son air étonné (de même pour la chère) ; émouvant car il ne rit presque pas et qu’il ne trouve de la tendresse qu’auprès des animaux et non auprès des humains ;

- attention importante accordée aux détails (particulièrement pour les animaux => renforce l’effet comique) + apparition de la célèbre coccinelle de Gotlib (cases 2 et 3 de la 1ère planche)

=> Conclusion : ce qui fait l’originalité de cette planche de BD

- son sujet : elle a été publiée dans un magazine pour enfants (Pilote) qui cherchait à amuser et non à présenter des témoignages historiques ;

- le traitement du sujet : volonté de rendre la BD comique et attendrissante ainsi que de la présenter sous forme de souvenir enfantin un peu flou pour que le lecteur ne s’apitoie pas sur le sort réel de l’enfant (qui n’est compris que dans la chute de la 2ème planche) => forme de pudeur, de réserve de la part de l’auteur qui n’expose pas ses propres sentiments mais qui les laisse deviner au lecteur ;

- sa conclusion : la BD s’achève sur le rêve d’un monde où les enfants sont heureux, auprès de leurs proches, loin des soucis de la guerre, afin de devenir des adultes sans tristesse ni regrets.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:32

Histoire des arts - Grille de lecture

Approche informative - Ce que l'on apprend

Titre, dimensions et lieu de conservation de l’œuvre.

Les joueurs de skat (renommé tardivement Invalides de guerre jouant aux cartes)

110 x 87 cm – Nationalgalerie, Berlin

Date de réalisation, genre artistique, origine de l’œuvre.

1920

Le tableau est à rattacher au mouvement expressionniste : l’artiste exprime sa vision personnelle de la réalité, ses idées et sentiments. Il tend à déformer la réalité pour inspirer une réaction émotionnelle.

Otto Dix a peint ce tableau juste après la 1ère guerre mondiale qui est le sujet principal de l’œuvre.

Identité et vie de l’artiste :

Otto Dix (1892-1969) est un peintre allemand. En 1910, il intègre l’école des Arts décoratifs

de Dresde. Il est encore étudiant quand la guerre éclate.

1914 : il s’engage comme volontaire dans l’artillerie. En 1915, il participe aux campagnes de Champagne, Somme et Russie ; il est blessé plusieurs fois.

Dans les années 20, il devient professeur d’art et fonde le mouvement appelé « la Nouvelle Objectivité ».

1933 : considéré comme un artiste « dégénéré » par le régime nazi, il est l’un

des premiers professeurs renvoyés et persécutés. Il ne peut plus exposer ses œuvres.

1937 : ses œuvres sont retirées des musées allemands ; certaines sont brûlées par les nazis.

Pour protéger ses toiles, il doit les cacher.

1939 : Il est enrôlé de force dans l’armée allemande et combat sur le front occidental durant la seconde guerre mondiale. Il est fait prisonnier en Alsace (près de Colmar) par l’armée française. 1945 : Traumatisé par ces deux guerres, il se consacre ensuite à son art.

La société de l’époque :

1920 : quand O. Dix peint ce tableau, la 1ère guerre mondiale est achevée depuis deux ans seulement : la société allemande est fortement marquée par ses morts et la défaite.

Approche descriptive - Ce que l'on voit d’important

.

Au 1er plan : les pieds des trois tabourets et de la table.(et donc l’absence des jambes des hommes)

Au centre : les 3 personnages occupent tout l’espace dans une construction pyramidale.

Au 2ème plan : à droite : un porte-manteau vide ; au centre : des journaux qui rappellent le conflit franco-allemand ; à gauche : une lampe faisant apparaître en filigrane une tête de mort.

Les 3 hommes sont de mutilés de guerre : ils portent encore un uniforme.

L’homme de gauche : il a une jambe de bois et joue aux cartes avec le pied qui lui reste. Sa manche droite est vide, et de sa manche gauche sort une main articulée avec laquelle il pose ses cartes sur la table. De son oreille part un tuyau qui lui permet d’entendre la conversation. Il doit avoir perdu l’ouïe lors de la guerre.

L’homme au centre : il joue aussi aux cartes. Il lui manque une partie de la peau de la tête: il a été scalpé. On voit deux personnages danser sur la partie droite de son crâne. Il a deux moignons à la place des jambes qu’il a perdues à la guerre. Il a un œil de verre et n’a pas d’oreille.

L’homme de droite : il n’a qu’un buste, il est posé sur la chaise. Sa main droite est articulée comme un robot et l'autre ressemble aussi à une prothèse. Sur son veston il porte une croix germanique de l’armée allemande.

Les couleurs sont froides : le noir, le bleu foncé, le verdâtre.

La lumière met en évidence les 3 hommes.

Les lignes sont cassées, tout semble désarticulé.

Approche sensible - Ce que l'on ressent

Les personnages, les couleurs et les lignes créent un sentiment de profond malaise et d’horreur.

L’horreur de la guerre, ses traumatismes et mutilations sont mis en évidence et même exagérés par le peintre qui exprime ainsi son propre traumatisme.

Approche interprétative - Ce que l'on pense

On peut penser qu’Otto Dix a peint ces mutilés pour qu’ils fassent peur aux gens et ainsi les faire réfléchir à ce que signifie et provoque une guerre. Le tableau dénonce la guerre et les traumatismes irrémédiables qu’elle engendre.

Les mutilations font penser aux gueules cassées que les médecins n’ont pas pu soigner.

Ce qui est frappant néanmoins, c’est que l’horreur effroyable de ces corps est aussi grotesque, voire même ridicule. Ces anciens combattants portent leur uniforme, et même sa Croix de fer pour l’un d’eux : ces corps ressemblent à des pantins, fiers de leurs blessures héroïques. C’est alors toute la folie absurde de la guerre qui est exprimée. D’ailleurs, ces trois hommes se retrouvent pour jouer aux cartes : le jeu fait penser au hasard et évoque l’irrationnel de la guerre ; de plus, le contenu de ces cartes est visible, dévoilé parce que « les jeux sont faits », les hommes n’ont pas vraiment de choix. L’œuvre prend alors une signification particulièrement pessimiste.

  • L’art contemporain n’a pas pour but de faire « joli », il donne à réfléchir.
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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:31

Histoire des arts - Grille de lecture

Approche informative - Ce que l'on apprend

Titre, dimensions et lieu de conservation de l’œuvre.

Inconnu à cette adresse (Address unknown)

Date de réalisation, genre artistique, origine de l’œuvre.

Parution aux USA en 1938 dans un magazine puis en format livre l’année suivante : succès immédiat

Parution en France en 1999

Il s’agit d’un court roman (ou nouvelle) épistolaire, c’est-à-dire que l’histoire progresse par l’échange de lettres.

Le point de départ de l’écriture a été d’abord un sentiment de révolte face à aux événements qui se déroulaient en Allemagne dans les années 30 ; ayant appris que des étudiants américains avaient mis en danger leurs correspondants allemands parce qu’ils s’étaient moqués de Hitler dans leurs lettres, K. Kressman a décidé d’écrire une histoire basée sur l’arme que peut constituer une correspondance.

Identité et vie de l’artiste :

Kathrine Kressmann est américaine, née en 1903 et morte en 1997. Sa famille, américaine d’origine allemande, lui permet de faire des études universitaires (de lettres et de journalisme) ; K. Kressmann est donc issue d’un milieu aisé et progressiste. Elle devient journaliste, écrit, et après la guerre, elle est la première femme à obtenir un poste à l’université de Gettysburg.

Lors de la parution d’Inconnu à cette adresse, son éditeur et son mari, Elliot Taylor, lui conseillent de ne pas révéler qu’elle est une femme : il était peu avouable qu’une femme ait pu écrire un texte aussi engagé. Le roman paraît donc sous le nom Kressmann Taylor.

La société de l’époque :

Le roman paraît en 1938, c’est-à-dire juste avant le début de la seconde guerre mondiale. La situation internationale est tendue et inquiétante. K. Kressmann suit les changements qui s’opèrent en Allemagne et s’en inquiète. En 1933, Hitler a accédé au pouvoir : il applique son idéologie raciste et impose sa dictature : suppression de la liberté de la presse, ouverture de camps de concentration, lois anti-juives, censure.

Approche descriptive - Ce que l'on voit d’important

.

L’histoire débute par une lettre datée du 12 novembre 1932 et s’achève par la lettre renvoyée le 18 mars 1934 : elle dure donc 6 mois.

Martin Schulse et Max Eisenstein ont ouvert une galerie d’art à San Francisco et sont liés, au début de l’histoire, par un fort lien d’amitié. Martin vient de revenir dans son pays natal, l’Allemagne, avec sa femme Elsa et leurs 3 enfants. Il est choqué par la désastreuse situation économique qu’il découvre, mais il peut y vivre comme un millionnaire. Il tente d’analyser au début la montée en puissance de Hitler mais se laisse vite convaincre et il devient un ardent défenseur des idées du national-socialisme. Il prend alors ses distances avec Max parce qu’il est juif et quand ce dernier lui demande d’aider sa sœur, Griselle, Martin refuse et Griselle meurt devant chez lui. Max met alors au point sa vengeance : il écrit à Martin, à son domicile, des lettres incompréhensibles signées de son nom juif facilement identifiable. La censure croit qu’il s’agit d’un code et Martin est arrêté. Martin le supplie d’arrêter au nom de leur amitié et des valeurs humanistes. Mais Max persiste et sa dernière lettre lui est retournée avec la mention « inconnu à cette adresse » : Martin et sa famille ont été arrêtés, ont disparu, sont morts, tout comme Griselle.

Lettre 1 à 5 : l’amitié intacte

Lettre 6 à 12 : la rupture

Lettre 13 à 19 : la vengeance

Épilogue : disparition de Martin

Représentation du 20 mai par la compagnie Blouses en scène

Quels sont les choix de mise en scène ? Qu’apportent-ils au texte ?

La compagnie Blouses en scène propose une adaptation théâtrale qui reste très proche du texte : ce sont les lettres, quasi intégrales, que les comédiens interprètent. La mise en scène est construite sur l’alternance des lettres : l’un annonce le destinataire, dit sa lettre comme s’il était en train de l’écrire, l’autre est assis pendant ce temps comme s’il lisait cette lettre. La communication par correspondance est ainsi nettement indiquée.

Max porte une chemise blanche et un gilet de costume soyeux, aux couleurs claires : allure joyeuse

Martin porte un costume noir, une chemise blanche et une cravate rouge : allure stricte

Le décor est constitué de deux tables où l’on voit Max et Martin écrire. Elles sont disposées face au public, légèrement tournées l’une vers l’autre.

Les éléments réalistes permettent de créer le contexte : le poste TSF, les différents tableaux posés sur des chevalets viennent rappeler que Max et Martin tiennent une galerie d’art..

La mise en scène indique la progression dramatique grâce à plusieurs procédés :

dans la première partie, quand les deux personnages écrivent, ils ont un verre à la main, se resservent du vin ou du whisky, pour signifier que leur amitié est intacte ; à deux reprises, ils lèvent ensemble leur verre « de l’amitié ». Des tableaux sont disposés sur la scène pour rappeler que les personnages sont marchands et amateurs d’art : on voit d’abord « la vilaine madone » vendue à Mme Fleshman, puis, les tableaux d’art moderne envoyés par Martin à Max.

sur le bureau de Martin, est posé un petit tableau : au début il s’agit d’un paysage, ensuite il est remplacé par un portrait d’Hitler pour montrer son ralliement au nazisme.

De même, Martin déploie un drapeau nazi sur son bureau lorsqu’il défend l’idéologie nazie.

De courts morceaux musicaux ponctuent l’évolution de l’histoire : un air joyeux au début quand l’amitié est intacte, un extrait de la chanson « Lily Marlène » au moment où Martin proclame son ralliement à Hitler.

Les comédiens changent également d’attitude au fil de l’histoire : au début, ils sont souvent tournés l’un vers l’autre : on comprend qu’une véritable amitié les unit et que, même s’ils ne se voient pas, ils échangent sincèrement. Puis, Martin tourne ostensiblement le dos à Max lorsque celui-ci l’appelle à l’aide pour Griselle ; et pour finir, Martin se jette aux pieds de Max lorsqu’il le supplie de cesser d’envoyer ses lettres compromettantes mais Max reste de marbre.

À la fin, Martin quitte la scène juste avant qu’une voix enregistrée annonce que la dernière lettre de Max lui est revenue avec la mention « inconnu à cette adresse ».

L’adaptation théâtrale permet de faire vivre les lettres par la mise en voix des comédiens.

Le décor, les objets et le jeu des acteurs mettent l’accent sur l’évolution de la situation et des personnages.

Approche sensible - Ce que l'on ressent

Les sentiments des personnages :

la joie d’une amitié sincère et partagée ; le fanatisme inhumain des nazis ; la souffrance et la colère de l’ami trahi ; le désespoir affolé du puissant qui a perdu son pouvoir

Approche interprétative - Ce que l'on pense

On peut comprendre cette histoire comme un appel de l’auteur au peuple américain pour qu’il s’intéresse à ce qui se passait en Europe et en particulier en Allemagne en 1938.

Cette histoire propose également une réflexion sur plusieurs thèmes :

Le nazisme et le totalitarisme : comment peut-on devenir nazi ? Comment un dictateur peut-il arriver au pouvoir ?

L’amitié, la vengeance : la vengeance de Martin est-elle justifiée ?

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 11:30

HDA – Inconnu à cette adresse (représentation théâtrale) : analyse de la mise en scène

Séquence :

Séquence 5 – Parler de la guerre

=> Problématique HDA : Comment mettre en scène le roman épistolaire Inconnu à cette adresse ?

- œuvres étudiées parallèlement en classe : « Le Silence de la Mer » de Vercors, nouvelle écrite en 1941 (lecture cursive) + la double planche de Gotlib « Sur l’air du Tra-deri-dera » (lecture analytique)

Matières concernées :

- histoire-géographie : contexte historique (montée du nazisme en Allemagne, antisémitisme)

- français : analyse littéraire de l’œuvre

Avant la représentation : lecture cursive de l’œuvre avec évaluation en classe (voir correction) + rédaction d’une fiche de lecture à la maison.

La représentation : Toutes les lettres sont lues entièrement avec mention de toutes les formules (expéditeur, destinataire, etc.) sans interruption.

Acteurs – Mise en scène

Décor - Costumes

Musique

Introduction

- Restent silencieux sur scène, assis à leurs bureaux, comme s’ils travaillaient

- Deux bureaux : à gauche, Max, au milieu, grand espace symbolisant l’Océan Atlantique entre les deux continents et à droite, Martin

- A côté de chaque bureau sur des chevalets (et sur le mur pour Max) : des tableaux début XXème siècle (et même dégénérés)

- Sur les bureaux : du mobilier 1930 (lampe, poste de radio, etc)

- Costumes : années 1930, bourgeois, costumes trois pièces, très coloré pour Max avec nœud papillon, noir et plus strict pour Martin, avec cravate rouge

- Morceau au piano, assez calme (valse de Chopin)

- Puis voix off (Grand Corps Malade) expliquant la situation des deux correspondants (deux marchands d’art associés s’écrivent : l’un, Max, est un Juif américain vivant à San Francisco, l’autre, Martin, est rentré de San Francisco à Munich, pour retrouver sa famille et son pays natal ; tout se passe entre 1932 et 1934 ; Martin et Max assistent à la montée du nazisme en Allemagne et en deviennent des acteurs)

Deux premières lettres

- Chacun lit sa lettre avec enthousiasme (surtout Max, Martin est plus réservé) ; les acteurs se lèvent de leur bureau en lisant, s’adressent au public, bougent ;

- Quand ils ne lisent pas leur lettre : ils sont à leur bureau, comme s’ils travaillaient ou bien comme s’ils lisaient la lettre que l’autre personnage joue.

- Tout reste identique.

- Après les deux lettres : morceau de jazz (enjoué, dynamique) des années 1930

Lettres 3 à 12

- Les tensions entre les personnages apparaissent au fur et à mesure des lettres ;

- Max : de plus en plus épouvanté par la situation de l’Allemagne et des Juifs allemands et par le changement d’attitude de Martin vis à vis de lui ;

- Martin : de plus en plus agressif et dur avec Max ; il le regarde de moins en moins et finit par lui tourner le dos quand il le supplie de prendre soin de sa sœur Griselle ; lettre 12 « Heil Hitler » avec le salut nazi.

- du côté de Max : les peintures changent au fur et à mesure des ventes mais restent dans le même style moderne (contemporain 1930 et dégénéré, abstrait) ;

- du côté de Martin : peu à peu, il n’y a plus de tableaux comme chez Max, mais un portait officiel d’Hitler ; il arbore un brassard nazi et met un drapeau sur son bureau.

- Après la lettre 12 sur la mort de Griselle, la sœur de Max, abattue à Munich par les SA qui l’ont poursuivie jusque dans le jardin de Martin qui n’a rien fait pour la sauver : chanson « Lily Marlène », chantée par Marlène Dietrich dans l’Ange bleu.

Lettres 12 à 19

- Martin ne prend la parole qu’une fois (lettre 17) : ton suppliant, il se met à genoux devant Max, resté à son bureau, pour que ce dernier comprenne qu’il le met en danger par ses lettres ;

- Max : c’est essentiellement lui qui parle : son ton est ferme, il semble résolu ;

- lettre 19 : Martin sort et Max et seul en scène.

- Le décor et les costumes restent les mêmes.

- câblogramme (lettre 13) lu par la voix du début

Lettre 20

- Max est seul en scène.

- Le décor et les costumes restent les mêmes.

- lettre décrite par la voix off du début

- musique finale (comme au début)

Entretien avec les acteurs (renseignements sur les acteurs : voir prospectus distribué) :

- volonté de respecter exactement le texte de départ (texte intégral) ; parfois, des adaptations du livre découpent le texte pour en faire un jeu de questions-réponses entre les personnages ; ici : jeu des acteurs devait donner l’effet d’assister à une conversation, et non à une correspondance, d’où les acteurs qui se lèvent, qui bougent, qui n’ont pas obligatoirement leur texte sous les yeux ;

- voix off (Grand Corps Malade) : permet de captiver l’auditoire, de mettre dès le début de la pièce le public dans l’ambiance du théâtre ;

- volonté de rendre Martin plus humain dans la mise en scène (cf. Martin suppliant Max, lettre 17) ; en même temps, volonté de rendre Max plus ambigu.

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Présentation

Un blog. Pour quoi? Pour qui?

Ce blog est dédié à l'histoire des arts au collège Charles Peguy de Verneuil l'étang (77).

Les contributeurs sont les professeurs du collège. Il s'agit d'un outil pour leurs élèves qui peuvent ainsi accéder aux documents étudier et réviser l'épreuve de fin d'année.

 

Le site académique d’histoire géographie de l’Académie de Créteil a ouvert un nouvel espace dédié à l’histoire des arts. Cliquez sur l'icône ci-dessous pour s'y rendre.

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